Kewei naît en 1950 dans une famille de paysans au pied de l'Himalaya, dans la vaste campagne chinoise. Au marché de Ya'an, sur les sentes ombragées du Sichuan, aux champs et même à l'école, Kewei, en dépit des suppliques de sa mère, dessine du matin au soir. La collectivisation des terres bat son plein et la famine décime bientôt le village. Repéré par un Garde Rouge, Kewei échappe au travail agricole et à la rééducation permanente. Sa vie bascule. Il part étudier aux Beaux-Arts de Pékin, laissant derrière lui sa mère, sa toute jeune épouse, leur fils et un village dont les traditions ancestrales sont en train de disparaître sous les coups de boutoir de la Révolution. Dans la grande ville, Kewei côtoie les maîtres de la nouvelle Chine, obtient la carte du Parti. Devenu peintre du régime, son ascension ne connaît plus de limite.
lundi 26 novembre 2018
Olivier ADAM : La tête sous l'eau
Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé.
Sophie DAULL : Au grand lavoir
Une romancière participe à une émission littéraire télévisée à l'occasion de la parution de son premier livre. Elle ne se doute pas qu'au même moment son image à l'écran bouleverse un employé des Espaces verts de la ville de Nogent-le-Rotrou. Repris de justice pour un crime commis il y a trente ans, menant désormais une vie bien rangée, ce dernier est confronté de façon inattendue à son passé, à son geste, à sa faute. Car la romancière est la fille de sa victime. Et, dans cinq jours, elle viendra dédicacer son ouvrage dans la librairie de la ville. Un compte à rebours se déploie alors pour cet homme solitaire, dans un climat à la fois banal et oppressant, en attendant le face-à-face qu'il redoute mais auquel il ne pourra se dérober.
Jean-Yves FREDRIKSEN : Vol au-dessus de l'Himalaya
La première traversée de l'Himalaya en parapente. Quatre mois d'un voyage solitaire pour éprouver ses rêves et déployer ses forces quand la grandeur de l'exploit tutoie le vertige les fragilités de la vie.
Un jour de l'été 2016, Jean-Yves Fredriksen est monté à pied vers un petit sommet proche de Duchanbé, au Tadjikistan : la première " butte ", à l'extrémité ouest de l'Himalaya. Il portait sur son dos un sac de près de 50 kg : vivres, tente, duvet, réchaud, tout le matériel pour traverser en autonomie la plus longue chaîne de montagnes du monde, 4 000 kilomètres. En parapente.
samedi 24 novembre 2018
Charlotte LINK : Une fille en cavale
Et si vous aviez pris la mauvaise direction, au mauvais moment ? Simon voudrait fêter tranquillement Noël avec ses deux enfants dans le Sud de la France. Mais rien ne se déroule comme prévu. Les enfants se désistent au dernier moment, son amie le plaque et, lors d'une promenade sur la plage, il fait la rencontre d'une jeune femme désespérée aux allures de SDF : Nathalie, une jeune Française terrifiée qui se croit poursuivie par de dangereux individus. Pris de compassion, il lui offre son aide, sans se douter que sa générosité va le plonger dans une histoire criminelle dont les ramifications s'étendent jusqu'en Europe de l'Est. Pendant ce temps-là, en Bulgarie, une famille cherche désespérément à retrouver la trace d'Ivana, partie rejoindre à Paris une mystérieuse agence de mannequinat...
Catherine SIMON : Mangees
« Qu’elles aient basculé dans le luxe, façon Brazier, ou soient restées fidèles à une cuisine plus économe, les mères avaient nourri la ville entière. On passait de l’une à l’autre comme on change de chemise, se régalant ici d’une tarte légère à la praline, là d’un saint-marcellin crémeux ou d’une salade de cochonnailles. Souvent du solide, parfois de l’aérien. Toujours des produits frais. Pas de congélateur et quelquefois (chez les anciennes) pas de frigo. Elles formaient à elles seules une famille méconnue, hétéroclite et laborieuse, dessinant une géographie sociale de la ville, déroulant un siècle d’histoire. Elles avaient façonné les quartiers, les avaient bercés, accompagnés. »
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